TVA, ICE et retenue à la source : ce que votre logiciel de facturation doit gérer au Maroc
Facturer au Maroc ne se résume pas à un PDF avec un total. Voici les exigences légales qu'un bon logiciel de facturation doit gérer — et pourquoi elles comptent en cas de contrôle.

Information générale, à jour au 26 juillet 2026 et fondée sur les textes cités en fin d'article. Elle ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique : la réglementation évolue et son application dépend de votre situation. Validez toujours avec votre expert-comptable ou votre conseil.
Un logiciel de facturation au Maroc doit faire bien plus qu'éditer un document. Plusieurs exigences légales, souvent négligées, deviennent critiques lors d'un contrôle fiscal. Tour d'horizon.
Numérotation continue et immuable
Les factures doivent porter un numéro séquentiel continu, sans trou. Une facture annulée conserve son numéro : la correction se fait par un nouveau document (avoir), jamais par renumérotation. Idéalement, ce numéro est alloué par le système au moment de l'émission — pas modifiable après coup.
ICE client obligatoire en B2B
Sur une facture entre professionnels, l'ICE du client est obligatoire. Un logiciel sérieux bloque l'émission d'une facture B2B sans ICE valide — car un ICE manquant fragilise la déductibilité de la TVA côté client.
Retenue à la source, droit de timbre, règlements en espèces
Selon la nature de la prestation, une retenue à la source peut s'appliquer et doit alors apparaître sur la facture, déduite du net à payer. Le Code général des impôts en prévoit plusieurs, qui ne se confondent pas : produits bruts versés à des non-résidents, commissions d'assurance, rémunérations relevant de la contribution professionnelle unique, retenue de TVA. Le régime applicable dépend de la nature de la prestation et de la qualité du prestataire — c'est la première question à poser à votre expert-comptable, avant de paramétrer un taux dans un logiciel.[1]
Mentions légales et snapshot
ICE, IF, RC, patente, CNSS, capital, montant en toutes lettres : les mentions obligatoires doivent figurer. Mieux : elles devraient être figées à l'émission, pour qu'une facture rééditée reste identique à l'originale même si la fiche société évolue ensuite.
Et l'e-facturation DGI ?
La facturation électronique obligatoire (télédéclaration à la DGI) est annoncée mais son décret d'application n'est pas encore publié : ni le calendrier, ni le format d'échange, ni la procédure de transmission ne sont arrêtés à ce jour. Aucun éditeur ne peut donc transmettre de facture à la DGI aujourd'hui. Le critère de choix utile n'est pas une promesse de conformité future, mais la qualité des données présentes : numérotation continue, ICE contrôlé, mentions figées à l'émission — les briques que la réforme exigera.
Sources
- [1] Code Général des Impôts 2026 — texte intégral officiel (Ministère de l'Économie et des Finances) — https://www.finances.gov.ma/Publication/dgi/2025/CGI-2026-FR.pdf (consulté le 26 juillet 2026) copie archivée du 8 juillet 2026